René Gabriel
Échantillon de fût : bouquet ample et crémeux, une douceur de cassis et de mûre séduisante et homogène, avec derrière de délicates notes de vanille et de noix de coco. En bouche, souplesse pure, vinification très moderne, charme et finesse et une superbe longueur. Un modèle d’élégance, peut encore gagner. (17/20). Robe assez sombre, pourpre-grenat soutenu. Noble bouquet épicé, montrant des notes torréfiées sombres et une belle chaleur de Cabernet, doucement éthéré, minéral et recelant beaucoup d’aromatique. Bouche charnue et ferme, montrant une superbe concentration, astringence équilibrée mais encore jeune, affiche des muscles, de la chair, de la race et de la grandeur, longue rétro-olfaction, a besoin d’au moins 8 ans pour atteindre sa première maturité et pourra alors encore gagner un point. (18/20). 19 : Toujours très sombre de couleur, on voit même encore des reflets violets à l’intérieur du verre. Le bouquet est au début assez réservé. C’est peut-être ainsi parce qu’on ressent clairement d’emblée que ce vin creuse une profondeur étonnante. Les arômes sont de fruits noirs, montrent des bois nobles, des effluves de cèdre, du bois de rose, de la réglisse et de minimes nuances de truffe du Périgord. Ces traces pourraient encore connaître une autre carrière aromatique dans les prochaines années. En bouche, puissant et fin à la fois, ici ce Haut-Bailly se montre un peu plus généreux dans ses arômes. Un Grand Cru rassurant, dont on ne se rend compte qu’au deuxième abord qu’il a tout en lui. On peut donc parler ici d’un Graves introverti. Longue décantation, ou attendre encore 10 ans. (18/20). 20 : L’an dernier j’écrivais qu’il était fermé. Et cet été j’ai bu une bouteille merveilleusement souple et accessible. (18/20). 21 : Rubis-grenat moyen, légèrement mat au centre, s’éclaircissant vers le bord. Bouquet classique de Bordeaux, cerises, prunes mais aussi des notes florales rafraîchissantes indiquant une tendance Cabernet doucement « fraîche ». Semble élancé à l’attaque, mais ne lésine pas sur l’aromatique. En bouche, il se livre de poids moyen, extrait gourmand avec une belle note de douceur. Les tanins paraissent posés et l’on peut donc boire ce vin dès aujourd’hui avec grand plaisir. Soit directement de la bouteille au verre, si l’on aime le fruit. Ou avec trois heures de décantation, si l’on préfère des notes un peu plus profondes. C’est exactement comme cela que j’aime le « style Claret » ! (18/20).