René Gabriel
04: Grenat profond; premier fin voile d’évolution. Magnifique note de vanille douce, noix, chocolat et une certaine touche d’Amarena provenant de raisins très mûrs. En bouche de moyenne corpulence, touche de petits fruits rouges et discrètes notes de cassis, montre plus de muscle que de chair et, malgré ses réserves, est certainement déjà en phase de plaisir. Peut cependant encore gagner (17/20). En magnum à la Schumacherzunft. Nez sévère et poivré; pour un 98, étonnamment beaucoup de fruits rouges, fèves de cacao, effluves de cèdre. En bouche élancé, piquant, d’approche frontale avec des notes fermes, se termine sur la griotte. Atteindra-t-il jamais son harmonie ? (17/20). 06: Au Primeurfest à Bâle. Il a bien la race d’un grand millésime, mais hélas pas la plénitude d’un grand Pomerol; en outre, les grains tanniques-acides, presque piquants, s’accrochent obstinément à la langue, même longtemps après avoir avalé le vin. Une heure de carafe aide un peu. (17/20). 18: Couleur moyenne, montrant encore un certain rouge au cœur. D’abord un peu réservé, mais il affiche une belle concentration; la fine race est portée par une poudre de poivre noir. Au second passage: mûres et fines notes de bakélite. En bouche dense, très charnu, paraît un peu friable, mais encore incroyablement jeune. Ainsi, en 20 ans il a plutôt peu évolué. Cela m’a surpris, car ce n’était que le deuxième millésime de la nouvelle époque Délon. Sans doute issu uniquement des vieilles vignes. Je l’avais sans doute un peu sous-estimé. Ce Nenin prouve la longévité de ses vins, comme de vieux millésimes l’ont souvent démontré. Carafer une heure. (18/20).