René Gabriel
94 : Échantillon de fût (18/20) : embaume comme un vin toscan ; café, cerises amarena, quetsches, très complexe. En bouche, une dominance du bois presque envahissante (hêtre), très charnu, compact, bourgeois, accrocheur. Une expérience de St. Emilion presque masochistement arrogante ! 96 : Actuellement un vin de rêve avec une douceur parfumée, légèrement confiturée au nez. Bouche juteuse et ample, se boit à merveille maintenant (18/20). 01 : Mon Dieu ! Nous avons presque dû « mordre » dans ce vin, qui devrait en fait être magnifiquement à point maintenant : toujours une couleur très sombre, peu évoluée. Bouquet légèrement floral, compact, avec une note éthérée (qui a même tourné au fin vinaigre après une demi-heure !), réglisse, sureau rouge, quetsches crues et hachées, et un parfum poivré. En bouche, dense, à nouveau une acidité immature, rêche, qui domine la structure ferme, feuilles mortes mouillées, tanins charpentés et prunes immatures. En termes de potentiel, un vin à la base puissant et impressionnant, mais qui ne dégage aucune harmonie, vivant toujours davantage l’arrogance déjà constatée en fût. Dommage pour le plaisir gâché, car à 100 francs, ce vin aurait été une véritable affaire au restaurant. Il ne reste donc qu’un score plutôt modeste et une petite once d’espoir, car le vin montre tout de même un assez grand potentiel. 07 : À Tertre-Rôteboeuf à l’occasion d’un déjeuner. Le nez est assez beau, montre du poivre rose et de fines notes terreuses. En bouche, des tanins charpentés qui tiennent le vin, mais le rendent aussi illogiquement poivré. Ne pourra plus s’améliorer.